Sondage Formation continue obligatoire des architectes : Les résultats !

, par François de Montlivault

La bévue du CfgOA à la fin de l’année dernière, confirmée par sa dernière newsletter,
a amené sur le devant de l’actualité la question de la formation continue obligatoire des architectes.

Une levée de bouclier s’en est suivie et les réactions hostiles ont été formulées que l’AABW ne pouvait ignorer.

Le CA de l’AABW a donc souhaité écouter l’avis de ses membres pour comprendre de façon raisonnée, les tenants et aboutissants de la polémique.

Nous vous livrons ici le résultat d’un sondage auprès des architectes membres ou non qui font partie de sa zone de chalandise.

129 réponses ont été reçues entre le 1er et le 22 mars 2016.
Ce sondage qui a au moins le mérite d’exister, n’a aucun caractère scientifique et ses conclusions n’engagent que ses auteurs.

Sondage : La formation continue obligatoire des architectes

Consacrez-vous du temps à mettre à jour vos connaissances
Jamais 4 réponses 3%
Parfois 36 réponses 28%
Souvent 39 réponses 30%
Régulièrement 50 réponses 39%
Combien d’heures annuelles consacrez-vous à votre formation ?
0 - 8h 16 réponses 12%
1 jour - 1 semaine 56 réponses 43%
1 semaine - 2 semaines 17 réponses 13%
2 semaines - 1mois 16 réponses 12%
plus d’1 mois 11 réponses 9%
Sans réponse 13 réponses 10%
Quel budget annuel en euros, consacrez-vous à votre formation ?
0 -200 € 24 réponses 19%
201 - 500 € 35 réponses 27%
501 - 1.000 € 20 réponses 16%
> 1.000 € 14 réponses 11%
Sans réponse 36 réponses 28%
Ces formations sont
Utiles 59 réponses 46%
Nécessaires 34 réponses 26%
Indispensables 29 réponses 22%
Sans réponse 7 réponses 5%
De manière générale, le niveau de formation des architectes est
Insuffisant 27 réponses 21%
Satisfaisant 81 réponses 63%
Élevé 21 réponses 16%
De manière générale, que le niveau de compétence des architectes est
Insuffisant 20 réponses 16%
Satisfaisant 85 réponses 66%
Élevé 24 réponses 19%
L’obligation de formation continue envisagée par le ministre pour les architectes est
Inutile 82 réponses 64%
Souhaitable 28 réponses 22%
Indispensable 14 réponses 11%
Sans avis 5 réponses 4%
Commentaire
Laissés blanc 36 réponses 28%
Réponses non-vide 93 réponses 72%
Apprentissage au quotidien 13 réponses 10%
Contrainet administrative supplémentaire 19 réponses 15%
Incohérence du projet 14 réponses 11%
Rôle illégitime de l’Ordre 10 réponses 8%
Coût de la formation 18 réponses 14%
Crédibilité professionnelle 6 réponses 5%%
Lobbying des opérateurs de formation 4 réponses 3%%
Étendue limitée de l’offre de formation 12 réponses 9%
Atteinte à la liberté (profession libérale) 19 réponses 15%

Tentative de conclusions

Les architectes sont des professionnels qui ne contestent pas l’obligation personnelle (72%) de maintenir leurs compétences au niveau exigé par l’exercice de leur profession. Ils considèrent être initialement correctement formés (84%) et disposer des compétences nécessaires (82%).
Ils consacrent pour 50% d’entre eux jusqu’à 1 semaine de formation extérieure par an pour un montant jusqu’à 1.000 € par an, pour un coût moyen de 19 €/h, qu’ils considèrent comme utile (42%,) voire nécessaire (48%).

La notion de formation permanente ne revêt toutefois pas un caractère universel, que ce soit dans l’exercice quotidien du métier (recherche, coactivités,…), dans l’acquisition d’une culture architecturale (livres, conférence, exposition) ou celle de compétences techniques (UWA, CSTC, IFAPME,…)

Deux tiers des réponses considèrent l’obligation déontologique de formation comme inutile. Les arguments invoqués sont nombreux et aucun d’entre eux n’émerge réellement, même si nous pointerons les contraintes administratives et financières supplémentaires qu’induisent un tel projet, alors que les architectes ne disposent que de leur liberté pour assumer un métier souvent peu considéré et mal rémunéré.

Ces réponses sont donc le résultat d’un malaise ressenti par les architectes qui englobe la formation, la reconnaissance, l’organisation, la responsabilité et l’indépendance de leur profession.

Il appartiendra à nos autorités tutellaires de prendre en compte de façon concrète ces aspects, et si le projet du ministre devait être entériné, le travail des commissions d’agréation et de suivi des formations, sera certainement plus ardu que certains l’imaginent.

A suivre.